Le numérique révolutionne la santé : quel avenir pour la Healthtech ?

La rencontre des dernières avancées scientifiques, les progrès d’intelligence artificielle et l’acquisition de données de santé ou encore l’essor du champ de la prédiction est-elle en train d’accélérer l’émergence d’un monde nouveau : la médecine 4.0.
Cette médecine à la fois personnalisée, préventive et prédictible est symbole de progrès pour notre système de soins et d’espoir pour les patients.
L’enjeu est de taille, et aujourd’hui plus que jamais lorsque la pandémie a mis en avant un bien essentiel :
notre santé !

La healthtech en France, un écosystème florissant

Cette filière représente l’ensemble des technologies du domaine de la santé au sens large en passant de la plateforme digitale jusqu’aux médicaments.
Rappelons les 3 grandes branches de la healthtech :

  • Les biotech : solutions alliant sciences du vivant et technologie (physique, chimie ou informatique)
  • Les medtech : dispositifs médicaux de diagnostics développés sur la base de nouvelles technologies
  • La e-santé (« santé digitale » ou « santé connectée ») : vaste domaine d’applications des technologies de l’information et de la télécommunication au service de la santé (logiciels des professionnels de santé, la télémédecine, la santé mobile…)

La healthtech française est un secteur dynamique et diversifié avec plus de 2000 entreprises dont 750 biotech, 1100 medtech et 200 start-up spécialisées dans l’e-santé.
En effet, la France se place au deuxième rang de l’écosystème healthtech européen, juste après le Royaume-Uni.
Depuis plusieurs années, les entreprises de la healhtech sont engagées dans une dynamique de l’innovation technologique sans précédent. Ce mouvement est soutenu par les pouvoirs publics et la crise sanitaire a mis en lumière la nécessité d’un support renforcé.

Par ailleurs, la France bénéficie d’une renommée internationale d’excellence à la fois scientifique (recherche clinique et académique) et technique en santé. Cette double expertise est la promesse de plusieurs succès. Tout d’abord l’espoir de traiter des maladies aujourd’hui incurables et d’augmenter l’espérance de vie générale. C’est également un gage de souveraineté sanitaire et de retombées économiques considérables : d’ici 2030, la healthtech française pourrait générer un chiffre d’affaires annuel de 40 milliards d’euros et 130 000 emplois supplémentaires. En conséquence, 1,7% de la population pourrait bénéficier d’un emploi dans le secteur de la santé et répondre aux exigences d’un marché vaste et porteur sur le long terme.
Pour exemple, voici quelques éléments marquants en 2021 :

  • 79% des entreprises healthtech ont recruté de nouveaux collaborateurs pour la plupart hautement qualifiés
  • La 9e édition du CSIS a exprimé l’ambition de l’État d’allouer 7 milliards d’euros d’ici 2030 pour positionner la France comme le premier pays européen innovant et souverain
  • Via BPI France, L’État a apporté un soutien financier sans précédent de 1,2 milliard d’euros, soit plus de 4 fois plus qu’en 2020

Accompagner le changement de la dynamique healthtech

Comment soutenir la professionnalisation de l’écosystème pour déployer à grande échelle des solutions innovantes tout en assurant la viabilité économique ?
Les innovations en santé suscitent de nombreux espoirs pour la santé mais aussi en termes d’organisation des soins et de leurs coûts.
La télé-médecine est un puissant levier qui véhicule des données de santé essentielles pour développer la médecine d’aujourd’hui et de demain.
L’entrée dans le droit commun de la télésurveillance médicale révolutionne la pratique de la médecine traditionnelle. Pour exemple, les données de santé collectées via les objets connectés sont précieuses pour le suivi chronique permettant de réagir en temps réel et de gagner en pertinence dans les suivis.
L’utilisation pérenne de ces données de santé nécessite une collecte robuste et fiable de la donnée et cela dans un cadre de confiance.

En France, les acteurs de recherche publics sont les principaux partenaires des healthtechs françaises et les accords industriels sont en légère augmentation (33% en 2021 vs 31% en 2020). Aussi, on observe que les acteurs de healthtech collaborent majoritairement avec des partenaires européens.
Malgré un cadre plutôt favorable en France avec l’arrivée de la « start-up nation », la pérennité de ces jeunes pousses rencontre plusieurs freins : règlementaires, de transfert de technologies, mais aussi financiers. En effet, l’accès au marché et au remboursement est la première préoccupation des entrepreneurs dû entre autres à un manque de lisibilité sur la prise en charge des solutions et le modèle économique à adopter.
Au-delà de la phase d’amorçage, les acteurs de la healthtech ont besoin d’importants capitaux pour un développement à l’échelle mondiale, et participer ainsi à la relance du pays.
Suite à la crise sanitaire, on observe une levée graduelle de ces freins et l’année 2021 en est la démonstration.
Pour les années à venir, la France doit aller encore plus loin pour affirmer une position de leader mondial des technologies médicales et tirer profit des bénéfices médicaux, sociaux et économiques.